Quand tu en es là, à la Pointe, tout au bout, au bout-du-bout comme on dit, tes capacités volontaires de piéton ne peuvent plus rien, si ce n’est plier les jambes et poser ton cul sur un de ces gros blocs dont est constituée la vieille digue sur laquelle tu as avancé jusqu’à cette balise jaune et noir. Le nez d’un petit pays qui fait trempette en plein dans l’estuaire, sur la route de la haute mer.
Le fond de l’air est agréablement supportable, le ciel d’un bleu de solstice même si on y a jamais été aussi près, et cette couleur vert, liquide, d’une allure exotique pouvant rivaliser avec le bel iris du cormoran. Un lieu unique, comme tant d’autres, d’une sensualité à se noyer dedans, parfaite.
Un couple d’amoureux sexagénaire batifole et se tire le portrait et on cause, naturellement …
On parle du pays, nous ne sommes que tous les trois dans cette brise coquine, mais le temps passant, une quatrième présence se précise, une fausse blonde arrive au bout, tend quelque peu l’oreille et nous soupçonne de connaître le coin donc de pouvoir la renseigner.
La question qui la taraude depuis le début de son séjour finit par lui échapper :
“C’est bien par ici qu’habite Jean Dujardin ?” …
Le bout-du-bout, comme on dit …
