chasser le naturel



Virgílio Ferreira

vendredi 8 juillet 2016

Sentiments d'un miroiseur de retour d'Islande


De cette île aux paysages hostiles, le miroiseur passe vite outre la légende qui voudrait que le volcan copule avec le glacier ou qu'un islandais qui te sourit, c'est parce qu'il a perçu une connaissance marchant derrière toi ...

La nature, là-haut,  t'embringue sans chichis, sans fioritures ; elle t'alpague !

Personnellement, durant cette dernière quinzaine de juin, en pleine période de parades, de chants et de reproduction, ce qui m'a ébahi, bien qu'en ayant entendu parler par moult voyageurs naturalistes, c'est la proximité ; la distance à laquelle les oiseaux font leurs affaires et toi les tiennes. Bien entendu, nombreuses espèces te font véhémentement comprendre qu'il va te falloir ne pas t'attarder, passer ton chemin au plus vite, voire prendre de raisonnables distantes propices à une cohabitation respectueuse. Certaines vont même, telle la Sterne polaire, Kría, à venir te frapper le vertex. Un Grand labbe, Skúmur, alors que nous roulions au pas en direction d'un glacier, est venu chasser notre auto, sur plusieurs décamètres, se posant sur une aile ou tapant sur l'habitacle.
Sinon, comment ne pas s'attarder sous le vol de parade incessant de la Bécassine des marais, Hrossagaukur, omniprésente, ou cette façon de s'attarder à ton passage, posée sur le bout d'un faîtier, te surplombant, sans véritable crainte ...
Et les poussins de Petit phalarope, Óðinshani, composant avec les règles innées de discrétion à trois mètres de la superflue longue-vue et ces adultes partout : pêchant, chantant, protégeant par diversion.

Le Chevalier gambette, Stelkur ; le Courlis corlieu, Spói; le Pluvier doré, Heiðlóa ; l'Huîtrier pie, Tjaldur ; la Barge à queue noire, Jaðrakan et le Bécasseau variable, Lóuþræll , sont des espèces nichant également au sol et te faisant savoir les consignes de prudence, en tournoyant à ta proximité, en criant mais sans attaquer.
Le Grand gravelot, Sandlóa, nichant dans les graviers se contente de sa technique de diversion, celle qu'on retrouve dans tous les guides d'identification ...



Dans tous les cas, ne pas s'aventurer hors des pistes ou des sentes.
Le long des plages et des défenses portuaires l'Eider à duvet, Æðarfugl, est très nombreux ; femelles, mâles, canetons ...
Le Canard arlequin, Straumönd, bariolé et calme sur la seule île du paléarctique occidental où il niche :


Ah oui, le chant des Plongeons imbrins, Himbrimi, et catmarins, Lómur, et la Harelde de Miquelon, Hávella ... immanquable et irrésistible. En eau douce ou en anse marine, voire dans les ports ...



Le Bruant des neiges, Snjótittlingur, alors ? Cabotinage ou diversion ?



Un p'tit dernier avant de quitter le sol, le Pipit farlouse, Þúfutittlingur, splendide, omniprésent et toujours cette obsédante parade aérienne ...

Bien entendu, aussi les colonies d'oiseaux marins, fous, guillemots, pingouin ....


4 commentaires:

  1. Merci pour ce transport en Islande, j'y étais aussi un peu hier soir, grâce à Solveig Anspach :-)

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    1. connaissant peu cette réalisatrice et ayant découvert des bribes de ses origines, je peux dire que oui, ce n'est facile pour personne ...
      merci pour ton passage.

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    2. Je passe tous les jours, mais je ne parle pas tous les jours :)

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