chasser le naturel



Virgílio Ferreira

vendredi 18 mars 2016

C'est donc ainsi que le rouquemoute du jour m'a joliment semé


Une légère et fraîche nébulosité encombrait, ce matin, les perspectives orthogonales du grand cimetière parisien de Pantin. Quelques soufflettes véhémentes tentaient de couvrir le chant de deux grives musiciennes les surplombant, en vain ...

Mon idée était de croiser la piste du rouquin, la prendre dans le bon sens et m'occuper de savoir à quelles occupations le goupil passait son temps ...
Du point culminant de la nécropole, j'aperçois le quiet poilu traversant la sombre avenue Transversale, en léger contre-bas et à quatre-vingts mètres. Les feuilles mortes de cette allée arborée d'une double plantation (marronnier et chamaecyparis) ont été soufflées, un tapis de mousses du gris givré au vert criard capte une faible lumière ; les fûts de marronniers me permettent d'être suffisamment près du mammifère pour mieux capter les alertes aviennes, je peux même traverser la chaussée pour avoir le chasseur en plein champ, sans avoir à me contorsionner et c'est là que le renard lui même surpris lève deux bécasses des bois, de couleur chaude et mate ... Une disparaît de ma vue immédiatement tandis que l'autre vient frontalement à moi, à hauteur d'homme, avant de se rendre compte de ma présence, de contre-plonger pour me survoler à dix mètres.

C'est donc ainsi que le rouquemoute du jour m'a joliment semé.


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