chasser le naturel



Virgílio Ferreira

jeudi 2 octobre 2014

A une douzaine de mètres de la fenêtre de mon burlingue



A une douzaine de mètres de la fenêtre de mon burlingue, en contre-bas d'un étage, il y a un mur borgne, gris, qu'une vigne vierge s'évertue à faire rougir à chaque automne ... je ne vois pas le toit pentu, mais j'avoue que la ligne de l'arêtier comble le miroiseur contemplatif.

Quelques cheminées basses en surgissant, couvertes de quelques poteries lasses, trois mâts d'antennes-râteaux et le tour est joué : place à une scène longue de cinquante mètres et librement colonisée par la sauvagerie aviaire locale.

Cet été, l'émancipation d'une fratrie de pies bavardes, une histoire longue de plusieurs semaines illustrée de ces vigoureux bavardages propres à l'espèce, de poursuites folles, à pinces sur la ligne de ciment ou en accumulant voltes et acrobaties aériennes d'une antenne tévé au garde-corps d'une terrasse proche, et de mesurages incessants de malice et de dextérité. Cette énergie interpellait l'épervier dans sa maraude, esquivant la zone plus prudemment que subrepticement ...

Ce faîte a également été le fait  de l'émancipation d'une paire de jeunes palombes, courant après leurs géniteurs tout en battant des ailes, dosant maladroitement énergie dépensée et notions de distances ... ça devait couiner de temps à autre.
Mêmes capacités à un prompt apprentissage quant aux atterrissages sur des supports aussi différents que poterie largement évidée en son centre, flexible branche de prunus ou rigide antenne horizontale ...

Depuis la mi-septembre, le paysage auditif du secteur a changé, un berlaud vient d'aménager à soixante dix mètres, capable de garder en cage un oiseau siffleur exotique.

48° 53' 33,8" N - 2° 25' 3" E

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