chasser le naturel



Virgílio Ferreira

lundi 11 août 2014

Placenta




Nous avions planté la toile au plus près d'une haie,
face au nord, dans un camping à la ferme
où nous étions seuls campeurs.

Quelques centaines de mètres plus bas, la Truyère serpentait ;

le brame résonant montait jusqu'à nous.
La nuit, les vaches de la ferme rouspétaient
contre l'avancée outrancière des cervidés ...

Un matin, à l'heure du petit-déjeuner,
la cafetière italienne avait le cul au chaud sur le réchaud.
A trente mètres de nous, une paire de grands corbacs
s'affairaient sur une masse sombre et fumante :
une vache venait de vêler il y a peu.

La friandise indispensable,
va falloir qu'elles en profitent rapidement les volailles,
car le jeune chien des fermiers, un berger d'Ecosse pie,
au courant des petites manières de ses protégées,
ayant repéré son dû, fit s'échapper sans talent
les grands oiseaux noirs.

Et le clébard, queue en panache,
toua son butin jusqu'en un lieu sûr,
passa devant nous pour nous faire profiter de l’événement.

Le caoua était prêt !


Fridefont, Cantal, le siècle dernier

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