chasser le naturel



Virgílio Ferreira

vendredi 15 août 2014

Coït avenue de la Marne



Hier matin,
à Montrouge, avenue de la Marne,
sur le trottoir, sept heures trente ...

Un corneille apporte le cadavre d'un merle mâle
à sa conjointe, posée au sol, collée au sol
pointes des ailes relevées au-dessus du croupion,
queue quasi verticale et frémissant de tout son corps.

Elle saisit par le bec la barbaque
probablement encore tiède
et se positionne devant le costaud de manière à
ce que sa queue lui titille les vibrisses ...
et obtient l'indispensable :
la brève chevauchée du mâle sur les sus-caudales.

L'amant ne s'attarde pas et
se projette sur ces barrières inconfortables,
qui empêchent les piétons de se jeter
sous les essieux des bahuts passant à deux mètres,
poussant un inaudible cri.

La femelle et son offrande montent au plus loin des regards.
Le mâle la rejoint.


2 commentaires:

  1. Les corneilles sont des séducteurs ! Je me demande comment ils arrivent à faire frémir leus plumes de cette manière . L'un de mes corvidés parvient à faire une sorte de roucoulement grave . Très doués ces oiseaux. Scène de rue bien narrée.

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