chasser le naturel



Virgílio Ferreira

dimanche 29 juin 2014

La tonne du groc médocain, tapie près de sa pièce d'eau, dans toute sa sournoiserie



Un groc à casquette blanche, passant le temps
comme un bricoleur du dimanche sur la concession voisine,
me repère alors que je me balade, en miroisant
et en prenant quelques images, et que
je l'intrigue par ma proximité à
l'installation de son collègue.

L'hominidé entreprend alors
de venir me demander des comptes,
en parcourant les deux cent cinquante mètres
qui nous séparent !

Et je vois le blanc couvre-chef,
au bout de ses petites pattes noueuses,
se rapprocher rageusement.

A mon tour j'entre en action
et décide de jouer le jeu en
m'affairant près de quelque
épaisseur végétale pour
mieux contourner cette
odeur de tabac brun
qui maintenant est toute proche, au point que,
revenant sur la sente, je me retrouve sur
les talons du courageux chasseur d'oiseaux d'eau 
avec un raclement de gorge bien prononcé;
je sens les épaules de l'animal
se resserrer nerveusement.

La gapette blanche se retourne vers moi,
les deux yeux vides et vissés sous la visière
ne cherchent pas l'axe de mon regard
et les deux petites jambes blanches
remettent leurs panards dans
les traces de l'aller encore chaudes ...


 juillet 2007

6 commentaires:

  1. C'est chouette ! hé bien oui j'aime tes petites histoires ornithologiques;) Bizs

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  2. Encore une aventure...Merci du partage.
    marlou

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    1. Oh, ne portons pas ombrage aux nombreux aventuriers,
      disons juste une tranche de vie ! ;-)

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  3. Beaucoup d'intensité dans ce fait divers riche d'enseignements pour le psychologue.

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    1. Bah, juste une petite dose d'adrénaline. J'étais serein

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