chasser le naturel



Virgílio Ferreira

dimanche 7 juillet 2013

le sabbat

 
A leur réveil, le Septième Jour de la Création,
Ils reniflèrent avec méfiance ;
Leur narine la plus délicate reconnut
Que ce type avait disparu.
 
Herbivore, parasite, rapace allèrent en reconnaissance,
Les migrateurs volèrent vite et loin --
Nulle trace de sa présence : des trous en terre,
Des plages couvertes de goudron.
 
Des ruines, des débris de métal en abondance,
C'était tout ce qui restait de Celui
Dont la venue au Sixième Jour avait fait de ce jour-là
Comme un inutile intermède.
 
Allons, ce type-là n'avait jamais vraiment eu l'odeur
D'une créature appelée à survivre ;
Il n'avait ni la grâce, ni l'adresse, ni les facultés de ceux
Qui étaient nés au cours des Cinq Premiers Jours.
 
Revenu donc, enfin, à une économie naturelle,
A présent que Son Insolence était partie,
Ayant exactement l'air de ce qu'il était,
Le Septième Jour s'écoulait,
 
Splendide, heureux, parfaitement gratuit ...
Le claquement d'un fusil
Ouvrit en deux leur Arcadie
En mettant fin à leurs sottises sabbatiques.
 
Pour qui donc croyaient-ils avoir été créés ?
Ce type était là de nouveau,
Plus sanguinaire qu'ils n'en avaient le souvenir,
Plus pareil à un dieu qu'ils n'avaient cru.
 
 
 
Wystan Hugh Auden
 

4 commentaires:

  1. Toi aussi tu dégobilles de la soupe !! Pas possible !

    :-o

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  2. :-D
    Le port du voile intégral, ne permet pas une bonne vision des choses !

    :-[

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    1. Pour tout dire je devrais déménager dans un coin au calme, mais ça n'est pas vraiment possible là... Peut-être plus tard.

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