chasser le naturel



Virgílio Ferreira

samedi 1 juin 2013

Le linge des pauvres tentait de sécher sur les clôtures de chantier.


Hier matin, à Ivry-sur-Seine, je me suis permis une balade pedibus jusqu'au fleuve depuis mon lieu de travail, en attendant la méridienne et le retour à la catiche ...

Vingt minutes aller, en flânant et en zieutant les façades d'entre-deux guerres, l'avancement des chantiers voisins, les immeubles murés et sous surveillance, le quart-monde ghettoïsé sur les trottoirs, la haute cheminée de la compagnie parigote de chauffage urbain et l'architecture de la passerelle-aqueduc, franchissant l'oued et jetée jusqu'à Charenton.

Depuis neuf mois que mon dépôt a été transféré dans ce village, j'ai enfin rencontré ce faucon pèlerin qui fait tant vibrer le microcosme, sur un fond de ciel gris moqueusement maussade, proposant des contrastes d'une faiblesse intéressante : un couple, aux évolutions rotatoires avec la cheminée blanche et bleue comme axe, émettant quelques vocalises intimes ...

Le linge des pauvres tentait de sécher sur les clôtures de chantier.

Rue Marcel Sallnave.

2 commentaires:

  1. Géniale la chaîne "faucon - Sallnave (la mort dans les camps) - Aviv'Air (air conditionné)- linge des pauvres" !!!

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    1. et toute cette litanie, ne tient que sur un tiers ou un quart de la longueur de ladite rue !

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