chasser le naturel



Virgílio Ferreira

dimanche 5 août 2012

dans un grand bain de lumières


 
Samedi matin, sur le cimetière parisien de Pantin, en Francilie, j'ai passé le plus grand de mon temps à observer trois jeunes éperviers, dans un grand bain de lumières.
 
Le premier, contacté par sa générosité, quémandant dans l'apex de l'allée principale arborée de marronniers, le dos au soleil, encore surveillé et probablement ravitaillé par une mère très discrète, n'agaçant même pas les nombreux corvidés affairés par la malle pleine de déchets carnés, ramenés par la vieille amimie-des-animaux, ...
 
Les deux autres, à deux cents mètres, dans la partie orientale de la nécropole où l'allée de platanes abrite la perruche à collier et le pigeon colombin et où les attaques sur le pivert perpétrées par leurs vieux ont été plusieurs fois notées par mézigue.
 
Le premier des deux derniers juvéniles est repéré par ses cris très rythmés. L'oiseau branché est très visible dans l'ensoleillement. Dans le même temps, des alarmes de merles et de piverts me semblent excessives pour ce seul prédateur.
 
En fait, au pied d'une haie, le dernier des trois jeunes éperviers se tortore un colombidé. Ma présence le dérange et sur deux coups d'ailes, il se déplace, lourdement chargé, sur vingt mètres ...
 
A ce moment-là, l'oisif frangin porte une attaque vaine sur un colombin quittant les grands arbres et sur sa lancée, rejoint l'épervier plumant son pigeon ; collé au sol, ailes écartées du corps et queue verticalement dressée, bec entrouvert laissant libres ses piaillements incessants. Rien, il n'aura rien et sera repoussé fermement.
 
Le spectacle était également aérien avec de musculeux nuages blancs et bas et de hauts cirrus gigantesques et rapides, sans omettre un minimum de quatre vingtaines de martinets noirs; en deux heures ...

6 commentaires:

  1. J'aime toujours comme tu rends passionnants les simples "faits divers" de la vie d'oiseaux. J'aimerais avoir ne serait-ce qu'un quart de tes facultés d'observation et de narration !
    Bon, je vais modérer mon enthousiasme idolâtre en ajoutant que je n'ai pas saisi ce que tu voulais dire par l'apposition "contacté par sa générosité" (et c'est bien connu, les fans finissent toujours par s'intéresser aux détails, c'est la rançon de la gloire :))

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    1. Oui, chenille, mon "contacté par sa générosité" ...
      hum, hum, en observation d'oiseaux, on peut contacter par la vue, l'ouïe, ou un indice (cadavre, pelotes de réjection, plumes ...).
      A l’occurrence, cette volaille-là était généreuse de ses vocalises incessantes de chiard sur sa faim et quasiment exigeant quant à un ravitaillement plus fréquent ....
      Ce qui m'a permis de m'approcher tranquillement et de bien cerner sa position et de trouver un point de vue parfait pour mieux me rincer les nerfs optiques ...

      Les sens s'exercent et s'entretiennent ; au boulot !
      bonne installation urbaine

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  2. Quel plaisir de lire tes articles d'expert en oiseaux !
    Marlene04

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    1. Expert, expert, faut pas exagérer non plus !
      D'accord, j'arrive aisément à différencier les vocalises du coucou et du pivert, ce qui n'a rien de très encyclopédique !

      ;-)

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  3. J'ai l'impression d'être sur place et de voir discrètement la scène.
    Merci du partage.
    Amicalement
    Marlou

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