chasser le naturel



Virgílio Ferreira

samedi 17 mars 2012


Le parc Henri Matisse, à Châtillon, dans les Hauts-de-Seine.

Plus de vingt degrés centigrades sur Paname, hier. A la pause de midi, les filles exposent le galbe de leurs épaules nues aux dards solaires, les mecs fument à leurs côtés, assis en tailleur, en faisant dérouler l'écran de leur téléphone portable ...

Le rouge-gorge chante, les perruches gardent le nid, le grimpereau se régale de ce réchauffement.

Les enfants trisomiques, derrière les grilles de leur école, sont deux ou trois agrippés au métal et me regardent prendre des notes ou des photos. Leur timidité leur impose de tourner la tête dès que j'envisage de leur faire un signe ...


48°48' N - 2°17' 33" E

8 commentaires:

  1. les enfants trisomiques... j'ai un ami trisomique Guillaume, qui est absolument génial, rigolo, sympa, plein d'amour et de joie, il vit avec sa mère qui s'est battue toute sa vie contre l'exclusion des handicapés, et tout le reste qu'il serait trop long d'énumérer ici. Je les ai connus quand Guillaume était bébé. Le handicap ne peut nous laisser indifférent. Ils t'ont regardé faire des choses qu'il ne pourront jamais faire. Ton signe de main et ce que tu as écrit là de cette journée, ça aurait été bien qu'il l'entendent.

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    1. T'inquiètes !
      Ils ont compris aussi bien que moi, ce qui s'est passé entre-nous ce jour-là !

      ;-)

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  2. Le genre de description qui donne le cafard. Les images auraient atteint le même résultat à elles-seules.

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    1. Le cafard ??!!

      T'aimes pas les épaules dénudées, les enfants souriants et les oiseaux chanteurs ?

      Ben, ça alors, tu m'épates ta !!

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    2. Ce genre de petit parc citadin suintant l'ennui et les fausses certitudes ouvre sur la réalité terrifiante de la dernière moitié du siècle passé. C'est grave Monsieur Freud ?

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    3. C'est vrai que les parcs et jardins, et particulièrement ceux du 19ème, et leur fâcheuse volonté à reconstituer le sauvage et nous le faire avaler peuvent malmener un esprit fragilisé, d'autant plus que les premières chaleurs bénignes annonciatrices du printemps proche nous font ça, parfois, à la hussarde ...

      Rien de grave, comme une légère variante d'allergie saisonnière ...

      :-D

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  3. if i was a child17 mars 2012 à 18:43

    Non c'est peut-être parce que chacun fait ses trucs dans son coin.
    bizs Bizs

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    1. Les barrières ne sont pas forcément matérielles ...

      Ce matin, nous sommes allés à l'expo Doisneau, à l'hôtel de ville de Paris. Pour cela nous avons emprunté le bus, par la ligne 75 : porte de Pantin ==> Pont Neuf.

      Ma blonde et moi étions assis sur le passage de roue, plus de place pour les cannes. Sur le rang devant nous, une femme occupait le siège côté coursive, affairée à son bigophone. Arrive un jeune homme trisomique, allure bohème et demande à la femme de le laisser passer pour qu'il profite de la place côté vitre. En relevant la tête, elle s'est raidie, s'est levée et a changé de place, jusqu'à derrière le conduteur ...

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